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30/Robert Charles Wilson/custom

Des milliards de tapis de cheveux

septembre 21, 2017

 

Andreas Eschbach, L'atalante, 1999, 320 p., 9€ epub sans DRM


Seul compte le pouvoir que l'on a sur les hommes

Andreas Eschbach tisse son histoire comme une tapisserie. La forme au service du fond. Éblouissant, grandiose et cruel.

Du pouvoir, de l'asservissement des masses et de la lente déconstruction de ce qui a été gravé dans le marbre.

Présentation de l'éditeur :


Noeud après noeud, jour après jour, toute une vie durant, ses mains répétaient les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, comme son père et le père de son père l'avaient fait avant lui...
N'est-ce pas étrange qu'un monde entier s'adonne ainsi au tissage de tapis en cheveux ? L'objet en est, dit-on, d'orner le Palais des Etoiles, la demeure de l'Empereur. Mais qu'en est-il de l'Empereur lui-même ? N'entend-on pas qu'il aurait abdiqué ? qu'il serait mort, abattu par des rebelles ?
Comment cela serait-il possible ? Le soleil brillerait-il sans lui ? Les étoiles luiraient-elles encore au firmament ?
L'Empereur, les rebelles, des milliards de tapis de cheveux ; il est long le chemin qui mène à la vérité, de la cité de Yahannochia au Palais des Etoiles, et jusqu'au Palais des Larmes sur un monde oublié...


Mon ressenti :


On entre de suite dans le coeur du sujet avec le premier chapitre qui présente l'univers via un tapissier. Une fin plus que glaçante qui donne envie d'en savoir plus sur cette coutume millénaire et ancestrale. Coutume ancrée au plus profond des habitants, vouant un culte à cet empereur lointain dont la mort signifierait la mort des étoiles elle même. Car l'Empereur est comme "dieu, comme le créateur et le gardien de l'univers", il est le "maître des éléments et des astres"

L'une rêve, l'autre pas

septembre 18, 2017

Nancy Kress, ActuSF, 2012 (parution originale : 1991), 172 p., 4€ epub sans DRM


Des parents qui veulent le meilleur pour leurs enfants.


Présentation de l'éditeur :



Alors que deux jumelles viennent au monde, l’une d’entre elles bénéficie d’une modification génétique qui lui permet de ne plus dormir. Huit heures d’éveil de plus par jour, un rêve pour apprendre, vivre et découvrir le monde... Huit heures qui feront aussi d’elle, un être à part.



Mon ressenti : 


Un texte au passé prestigieux : Nebula en 1991, Hugo en 1992, Prix des Lecteurs d’Asimov’s en 1992 et Grand Prix de l’Imaginaire en 1995... La première parution française date de 1993 dans l'anthologie Futurs qui craignent chez Pocket.

Drift

septembre 11, 2017

Thierry Di Rollo, Le Bélial, 2014, 352 p, 10€ epub sans DRM





La fête est finie


De la SF comme un roman noir, de la vie comme un dérapage contrôlé (le fameux drift), ou pas.


Présentation de l'éditeur :


Le Drift est un titan. Un monument sans pareil, le condensé d’un million de volontés tendues vers un but non négociable : quitter une Terre à bout de souffle. Le Drift est une cathédrale, le temple des vanités humaines, l’iniquité usinée en matériaux composites. Le Drift est la porte ouverte aux étoiles, mais une porte que bien peu prendront. Car pour gigantesque que soit le Drift, les places à son bord sont limitées. Aux seuls Justes, aux puissants, aux privilégiés des cités-dômes. Le Drift est le dernier espoir pour l’humanité. Mais une humanité qui n’est plus celle de tout le monde, une humanité aux franges de l’immortalité, orientée, assistée, nano-contrôlée, au-delà de sa propre condition, résolue à abandonner son berceau sans retour possible, déterminée à embrasser l’espace…

Mon ressenti :

Première chose qui frappe en lisant Drift, c'est l'absence du fameux vaisseau. On retourne son epub dans tous les sens, on relie la quatrième de couv', et on pense à une erreur de la part de l’éditeur. Et après un détour sur Babelio, on comprend qu'il s'agit en fait d un post apo suivi d'un space op et non d'un space opera classique comme le suggère la présentation.

Cérès et Vesta

septembre 08, 2017

Greg Egan, Le Bélial, 2017, 120 p., 4€ epub sans DRM


Une approche clinique de thématiques humanistes

Présentation de l'éditeur : 


Cérès d’un côté, Vesta de l’autre. Deux astéroïdes colonisés par l’homme, deux mondes clos interdépendants qui échangent ce dont l’autre est dépourvu — glace contre roche. Jusqu’à ce que sur Vesta, l’idée d’un apartheid ciblé se répande, relayée par la classe politique. La résistance s’organise afin de défendre les Sivadier, cible d’un ostracisme croissant, mais la situation n’est bientôt plus tenable : les Sivadier fuient Vesta comme ils peuvent et se réfugient sur Cérès. Or les dirigeants de Vesta voient d’un très mauvais œil cet accueil réservé par l’astéroïde voisin à ceux qu’ils considèrent, au mieux, comme des traîtres… Et Vesta de placer alors Cérès face à un choix impossible, une horreur cornélienne qu’il faudra pourtant bien assumer…


Mon ressenti :


Greg Egan est un fantôme dont un des loisirs est de jouer au football quantique et un autre de pondre des textes de Hard-SF. Dans Cérès et Vesta, il a pensé aux pauvres lecteurs allergiques à ce genre et a évité de mettre des théories scientifiques dont même les noms vous filent des maux de tête. Merci Greg.

Rencontre avec Robert Charles Wilson

septembre 06, 2017

France culture, La méthode scientifique, 2017, 1h, podcast



Contrairement aux dieux assez hautains au final car ils  ne se montrent jamais, le Dieu Robert nous offre régulièrement de ses nouvelles, de sa vision du monde tel qu'il est et comme il aimerait qu'il soit à travers de ses romans ou de son compte Facebook. (Car Dieu Robert est un dieu de la mythologie SF, il utilise le web 2.0. Et je suis même son pote !)
Et puis quelquefois, il s’adresse même parfois directement à ses ouailles, comme ici en duplex depuis Toronto !


Présentation de l'émission :

Pour cette toute dernière émission de la saison, nous avons mis les petits plats dans les grands. Nous recevons aujourd’hui l’un des plus grands auteurs de science-fiction contemporain, qui est avec nous en duplex depuis Toronto au Canada. Lauréat du prix Hugo, le plus grand prix de SF international et du Grand Prix de l’Imaginaire pour Spin, en 2005, son dernier roman « La Cité du Futur » vient d’être traduit en français chez Denoël. Il y est question de voyage dans le temps, d’univers parallèles, thèmes récurrents dans son œuvre. Quel est son rapport à la science, quel regard porte-t-il sur la science-fiction aujourd’hui, comment se construisent ses univers et quels sont ses projets pour l’avenir.

Le Prince-Marchand - La Hanse galactique 1

septembre 04, 2017

Poul Anderson, Le Bélial, 2016 (parution originale 1956-58), 288 p., 9€ epub sans DRM

 

Vous aimez les militaires qui s'envolent dans l'espace et flinguent à tout va les pas comme nous, Poul Anderson a pensé à vous en créant un personnage au corps gras mais au cerveau musclé.

Présentation de l'éditeur :

Au XXIIIe siècle, alors que l'humanité s'est implantée sur quantité de planètes, les négociants interstellaires forment une alliance afin de protéger leurs intérêts : la Ligue polesotechnique. Nicholas van Rijn, directeur de la Compagnie solaire des épices et liqueurs, est le plus flamboyant de ces princes-marchands : le présent volume réunit ses aventures initiales…
Apparu en 1956 dans les pages d'Astounding Science Fiction, personnage falstaffien hâbleur et roublard, infatigable arpenteur de mondes et négociateur hors pair, Nicholas van Rijn incarne pour beaucoup la figure majeure du héros andersonien. Les cinq volumes de la « Hanse galactique » présentent pour la première fois en français l'intégrale des aventures du plus populaire des personnages de Poul Anderson, sans oublier celles de ses compagnons emblématiques : David Falkayn, Chee Lan et Adzel. Un événement…

Mon ressenti :

Poul Anderson est un écrivain prolixe dont l'oeuvre a été peu traduite en France, les éditions du Bélial tentent depuis quelques années d'y remédier, notamment à travers l'édition du cycle de La hanse galactique (le pourquoi du nom dans les commentaires) qui devrait compter 5 volumes. Il me semble que ce premier tome soit passé assez inaperçu lors de sa parution il y a un an, mais la sortie du volume deux semble renverser cet état de fait dans la blogosphère.
Que trouve t'on dans ce recueil : un avant-propos du traducteur, une nouvelle, un roman, une postface de l'auteur et une chronologie.

La cabane de l'aiguilleur

août 29, 2017

Robert Charles Wilson, Folio SF, 2011 (parution originale 1986), 274 p., 8€ papier


N’aime rien trop fort. Ils te l’enlèveront

Présentation de l'éditeur :


À la mort de sa mère, Travis Fisher est recueilli par sa tante, Liza Burack, à Haute Montagne. Malgré la Grande Dépression, la vie y est simple, rythmée par le travail à la fabrique de glace, les sermons à l’église baptiste et les sorties avec Nancy Wilcox. Travis en viendrait presque à oublier son statut d’inadapté. Mais il y a la mystérieuse Anna Blaise, elle aussi hébergée par les Burack. Qui est-elle vraiment ? Quel secret cache-t-elle dans sa chambre systématiquement close ?


Mon ressenti :


Nous sommes aux Etats-Unis lors de la Grande Dépression dans la petite bourgade tranquille et respectable de  Haute Montagne. Enfin, apparence de tranquillité et de respectabilité, derrière les portes, c'est une autre histoire. Ici règne le conformisme. Alors qu'en on est jeune comme Anna et Travis et que l'envie de transgresser légèrement la norme vous prend, on vous catégorise vite fait dans la case des inadaptés à surveiller, quand bien même l'entourage familial à les faveurs de la communauté.
Et puis il y a la crise, le grande, avec sa cohorte de travailleurs pauvres et nomades, les chemineaux, tel le surnommé l'Os ou Anna.
Ces deux histoires s’entremêlent et se démêlent. Sommes nous dans des époques différentes. Quel est le lien entre Travis Fisher / Nancy Wilcox et L'Os / Anna ? L'Os est-il Travis adulte ? L'auteur joue avec le lecteur.
Wilson nous parle des apparences et du passage à vie d'adulte
Où l'aiguillage va vous mener : il y a la voie de la norme sociale, celle dictée par la religion et la voie de la liberté, celle des chemineaux, celle de la marge.

Il faut vraiment chercher pour y trouver la science fiction, qui pourrait être celle de la coexistence de mondes ou dimensions cachées. Selon sa perception, on pourrait ranger ce texte dans le fantastique, les adeptes du genre pourront donc découvrir un roman de Wilson.
Certains thèmes de sa future bibliographie sont présents dans cet œuvre : la chrysalide rappelle la mue d'un personnage du vaisseau des voyageurs, des personnages à la psychologie fine, la grande histoire à travers les destins individuels. L'auteur nous parle de l'autre, de notre voisin, du pas comme
nous, des préjugés que nous avons. Bientôt, dans ses autres romans, il remplacera cet autre humain par des êtres venus d'ailleurs, mais le sujet sera le même.
Pour un premier roman de l'auteur, c'est une réussite. Le lire aujourd'hui, après Spin, Les chronolithes ou Le vaisseau des voyageurs pourrait cependant vous décevoir. C'est le roman que j'apprécie le moins de l'auteur : nous sommes plus dans une chronique intimiste du début de siècle.

Lu dans sa version papier (Pas de version numérique légale) parue chez Lunes d'encre en 2008, le roman faisant parti de l'omnibus Mysterium

Challenge Lunes d'encre
 

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